La population urbaine croissante et le développement des pays émergents génèrent de nouvelles demandes en matière de communication. Retour sur les nouveaux enjeux technologiques à la lumière d'une étude du cabinet Forrester.
Gestion des contacts clients
Des villes intelligentes
Des projets de villes « intelligentes » voient le jour. Villes où la collecte d'informations, l'utilisation de ces données et éventuellement les services de cloud computing seront au coeur de la gestion : qu'il s'agisse de l'énergie, de l'éducation, des transports, de la santé, de la gestion des déchets, bref, de toutes les problématiques qui peuvent se poser dans une grande cité à forte densité humaine. Dans les villes connectées, « les feux rouges ou les péages pourront être gérés à distance, des bennes à ordures "intelligentes" pourront envoyer des messages pour indiquer qu'elles sont pleines », explique Jennifer Bélissent. Des avantages technologiques qui peuvent être déployés à l'échelle d'une ville, mais également entre les continents, de façon à favoriser les échanges économiques tout en limitant les déplacements.Comme le rappelle Jennifer Bélissent, responsable de l'étude « Opportunities and Challenges : Navigating Emerging Markets » au cabinet Forrester Research, la mondialisation de l'économie s'accompagne d'un premier constat incontournable : la population mondiale connaît une croissance soutenue en même temps qu'une urbanisation massive. Les projections démographiques prévoient que la population mondiale augmentera de 30 % d'ici à 2050 et que la population urbaine doublera. En 2009, 3,4 milliards de personnes vivaient en ville, elles devraient être au nombre de 6,3 milliards en 2050. Ce phénomène d'urbanisation s'opérera essentiellement dans les marchés émergents. Comment répondre aux besoins d'une population mondiale désormais majoritairement urbaine, alors que les énergies fossiles et les ressources naturelles demeurent limitées ? Le transport soulève également d'importantes questions. Comment permettre à chacun de se déplacer, de travailler, de nouer des relations professionnelles sans augmenter la facture énergétique et les émissions de C02 afin de préserver l'environnement ?
Les TIC : un atout stratégique
Pour les pays émergents Pour la majorité des décideurs mondiaux, les technologies de l'information apparaissent comme autant de solutions susceptibles d'apporter une réponse à ces défis majeurs. En particulier dans les marchés émergents, où les entreprises et les gouvernements comptent sur les technologies IT pour mieux gérer leurs opérations, faciliter les transports, réduire la consommation d'énergie, préserver l'environnement et les ressources naturelles, mais aussi faciliter la croissance de leur économie à l'échelle mondiale. Si le taux d'équipement de téléphones mobiles et le nombre de connexions à Internet arrivent pour ainsi dire à maturité dans les pays occidentaux, il devrait doubler d'ici à 2013 dans les autres régions du monde. 111 millions de personnes sont aujourd'hui connectées en Afrique et au Moyen-Orient. Elles devraient être 224 millions en 2013.
La priorité : le cloud computing
Si l'équipement en TIC augmente dans les mêmes proportions en Amérique latine, la croissance la plus significative interviendra en Asie-Pacifique, où 560 millions de personnes sont aujourd'hui équipées d'un mobile ou d'un accès Web. Elles devraient être près de 1 milliard en 2013 ! Pour Jennifer Bélissent, aucun doute, « les marchés émergents joueront un rôle leader dans ce domaine ». À titre d'exemple, le cloud computing fait figure de priorité stratégique pour 72 % des décideurs chinois et pour 69 % des principaux responsables IT brésiliens. La vidéoconférence et la téléprésence suscitent un intérêt similaire dans chacun de ces deux pays (respectivement 75 et 62 %), mais également en Inde (61 %). La mobilité permise par l'IP, les téléphones et les ordinateurs portables apparaît encore plus prioritaire dans chacun de ces trois pays (Brésil, Chine et Inde), où respectivement 79 , 75 et 72 % des décideurs prévoient d'en développer les usages auprès des salariés et des consommateurs.
3 questions à Jennifer Bélissent
"Les pays émergents peuvent conquérir des positions en Europe et aux États-Unis."
Jennifer Bélissent, analyste au sein du cabinet ForresterPouvez-vous revenir sur les problématiques urbaines liées à la mondialisation ?
L'accroissement de la population urbaine s'accompagne d'une multiplication des mégapoles de plus de 10 millions d'habitants. Aujourd'hui, nous en comptons vingt et une dans le monde, dont une majorité dans les pays émergents. Dans le même temps, le nombre de véhicules ne cesse d'augmenter, et ces nouvelles mégapoles ne possèdent pas les infrastructures pour y faire face. Pour mesurer les perceptions de problèmes des transports dans les plus grandes villes, IBM a créé le Commuter Pain Index. D'après celui-ci, les quatre villes au monde où les personnes ont le sentiment de passer le plus de temps dans leur voiture, et qui en souffrent, sont toutes situées dans des pays émergents : au Brésil (São Paulo), en Afrique du Sud (Johannesburg), en Chine (Pékin) et au Mexique (México). Cette concentration humaine menace l'environnement et les conditions de vie des populations. Les gouvernements n'ont pas le choix : ils doivent anticiper sur les difficultés et trouver des solutions.
Précisément, en quoi les TIC constituent-elles une opportunité ?
Parce qu'elles facilitent les échanges d'informations et permettent d'être mieux informé et ainsi de prendre des décisions de façon plus réactive, le tout à faible coût. Les TIC représentent un axe de développement stratégique majeur pour nombre de pays émergents, qui investissent en force dans ce domaine. Le groupe Cisco, spécialiste mondial des technologies de l'information, a ainsi enregistré une croissance de 27 % au dernier trimestre 2010 sur les marchés émergents. Des pays comme le Brésil voient dans les technologies de vidéoconférence une alternative précieuse aux transports, notamment aériens. Dans des villes comme São Paulo, où l'usage de l'hélicoptère est très répandu, les systèmes de téléprésence constituent ainsi des sources d'économie non négligeables.
Comment voyez-vous l'avenir ?L'extension des technologies de l'information dans les marchés émergents est favorisée par l'augmentation des capacités des réseaux. En Afrique, par exemple, des consortiums d'opérateurs étendent les fibres à travers le continent qui, de plus, est relié à l'Europe, l'Amérique et l'Asie par des câbles sous-marins. Les pays émergents deviennent de larges marchés domestiques innovants, susceptibles de conquérir des positions en Europe et aux États-Unis.
Jennifer Bélissent, analyste au cabinet Forrester Research,
blogs.forrester.com/jennifer_belissentLes pays émergents, une priorité stratégique
Pour s'imposer dans les pays émergents, l'une de ses priorités stratégiques, Orange Business Services compte sur sa couverture commerciale et sa connaissance de ces marchés. Objectif de l'opérateur : y doubler ses ventes à l'horizon 2015.En chiffres
• les pays émergents représentent 37 % de la population mondiale
• Orange Business Services s'est fixé comme objectif d'y réaliser 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires international en 2015
• 18 % : le taux de croissance du revenu enregistré en 2010 par Orange Business Services depuis l'Europe vers les pays émergents
• en 2009, les pays en développement concentraient 75 % des utilisateurs de mobile, au lieu de 25 % en 2000
• à la fin 2009, l'Afrique comptait 441 millions de clients mobiles, l'Inde 482 millions et la Chine 712 millionsSource : WCIS, mars 2010
Les pays émergents figurent aujourd'hui au rang de priorité stratégique pour Orange Business Services. Avec des niveaux de croissance jusqu'à huit points supérieurs à ceux des pays européens, des zones comme l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Inde, la Chine, la Russie ou l'Amérique latine laissent entrevoir des perspectives de développement très prometteuses. L'ambition d'Orange Business Services : y doubler ses ventes à l'horizon 2015, à travers une présence commerciale qui va aller crescendo. Dans quatre ans, ces nouveaux marchés devront alors représenter pour l'opérateur un chiffre d'affaires international de 1 milliard d'euros.
Un opérateur global aux côtés des multinationales
La qualité de l'accompagnement qu'Orange Business Services peut apporter aux grandes entreprises européennes dans ces pays est l'une des clés pour réaliser cette ambition. Ces multinationales sont toujours plus nombreuses à s'y implanter pour y développer leur production et activités commerciales ou pour rapprocher leurs centres de décision de ces marchés porteurs. Mais, dans ces pays, les multiples opérateurs locaux n'offrent pas nécessairement des services et infrastructures IT et télécoms avec des niveaux de maturité comparables à l'Europe. En s'appuyant sur Orange Business Services, les multinationales bénéficient de la « puissance de frappe » d'un opérateur global. « Outre les investissements que nous réalisons dans des infrastructures réseaux et télécoms dans des zones comme l'Afrique ou l'Inde, nous avons noué des accords avec des opérateurs locaux, explique Emmanuelle Jardat, VP Global Sales, Orange Business Services. Cela nous permet d'offrir un guichet unique à nos clients, mais aussi la meilleure couverture possible. Ils peuvent alors pleinement se concentrer sur leur coeur de métier. »
Minimiser les risques, maximiser le service
Le rôle de « facilitateur » que peut jouer Orange Business Services auprès des multinationales est une force. Que ce soit pour des raisons administratives, réglementaires, fiscales ou logistiques, il n'est pas forcément aisé de démarrer dans certains pays émergents. Avoir à ses côtés Orange Business Services permet d'accélérer les process et de minimiser la prise de risque. « Nous sommes présents commercialement depuis de nombreuses années en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie. Notre connaissance des spécificités des marchés locaux, nos partenariats et notre savoirfaire opérationnel nous donnent la possibilité de nous engager sur des délais de déploiement défiant toute concurrence. Dans les pays émergents, notre excellente capillarité commerciale, via nos agences et des centres de relations clients, nous donne aussi la possibilité de renforcer notre proximité avec nos clients pour leur offrir un très haut niveau de service. »
Un gisement de croissance local
L'ambition du groupe est aussi de mettre ses capacités d'innovation au service des acteurs économiques et publics locaux. Par ses technologies, il peut pallier le manque d'infrastructures. « Le développement des systèmes d'information, de communication et de téléphonie mobile est l'un des principaux moteurs de la croissance économique. Avec nos solutions d'e-santé, d'e-éducation ou de "mobile banking", nous pouvons proposer à toute une frange de la population l'accès à des services de santé ou de paiement à distance, d'une façon simple et compétitive. » Les multinationales issues de ces pays sont une autre priorité. « Ces entreprises affichent des niveaux de croissance supérieurs à 30 % quand elles développent leurs activités à l'international, soit le double des multinationales européennes. À nous d'en faire nos clients, en continuant notamment à améliorer les performances de nos liaisons Sud-Sud entre la Chine et l'Afrique. »
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