sécurité des réseaux

4 décembre

a backdoor in the firmware

Il est toujours important de se tenir au courant des recherches en cours dans le domaine de la sécurité et l’un des endroits parfait pour y parvenir est la conférence du SANS Institute. Tous les sujets dont on entend parler dans  les différentes mailling lists nous sont présentés par différents chercheurs avec à la clef de nombreuses démonstrations. Mais de temps en temps, certains sujets impressionnent plus que d’autres et c’est précisément l’objet de ce post. Je viens d’assister à la présentation (en exclusivité mondiale s’il vous plait) des travaux d’Arrigo Triulzi intitulés « A backdoor in the firmware ».

Je pense que l’intitulé de la conférence vous donne une bonne idée du sujet couvert mais le plus impressionnant reste à venir. Arrigo a mis au point un firmware « hacké » pour carte réseau Broadcom (mais on peut imaginer le même scénario sur la plupart des cartes réseau du marché) qui lui permet d’exécuter un certain nombre d’actions lorsque la carte réseau reçoit un « magic packet » avec le type IP 0xbeef (quel humour).Cette carte réseau étant connectée sur le bus PCI de la machine, elle a la possibilité d’accéder à la mémoire de la machine, de communiquer avec d’autres périphériques, … sans que le système d’exploitation et donc un quelconque anti-virus puisse s’en apercevoir. La belle affaire me direz-vous, une carte réseau a des capacités de calcul et de mémoire très limitées et ne peut donc pas faire grand-chose. Mais Arrigo a poussé le concept beaucoup plus loin puisque grâce à Vista et son bureau « Aéro » qui nécessite que la moindre machine portable ait maintenant un processeur graphique (GPU) digne d’une formule 1, il a trouvé une autre source de puissance de calcul et de mémoire qui échappe au contrôle du système d’exploitation: la carte graphique. Il a donc « hacké » cette fois le firmware d’une carte graphique pour lui fournir la puissance et la mémoire dont il avait besoin.

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19 novembre

Après WEP, faiblesse permettant de casser partiellement WPA

Il y a quelques jours, une annonce dans les mailing-lists 'underground' a fait grand bruit car elle indiquait que WPA n'était plus fiable comme système de protection de la confidentialité d'un accès WiFi.

Nous savions déjà que WEP (Wired Equivalent Privacy), par la faiblesse de son algorithme, permet le décodage de l'IV (Initialization Vector) et, après avoir capturé une grande quantité de paquets particuliers entre une session valide en cours et le hot spot Wi-fi, de déduire la clé WEP et ainsi d'accéder au hotspot. Une grande partie du succès de cette technique reposait sur le fait que le point d'accès répondait systématiquement à tout paquet sans limite de quantité, permettant ainsi une meilleure efficacité avec l'augmentation des vitesses des points d'accès.

Heureusement, il restait encore WPA (WiFi Protected Access) comme protection. WPA repose lui sur la qualité de la PSK (Pre-Shared Key), sorte de clé/mot de passe que le client et le serveur doit connaitre pour pouvoir dialoguer.

Cette clé n'était alors cassable que par les méthodes traditionnelles d'attaque par force brutale (essai itératif de chaque possibilité jusqu'à obtention de la bonne), ce qui pouvait prendre des centaines d'années au regard du nombre de possibilités liées à la taille de cette clé WPA, et ceci même en s'appuyant sur des processeurs graphiques NVidia, contrairement à ce que laissait entendre une récente annonce de la société ElcomSoft qui vend cette technique.

C'en est maintenant fini avec WPA suite à la découverte des chercheurs Erik Tews et Martin Beck, qui ont trouvé une faiblesse au niveau de TKIP (Temporal Key Integrity Protocol). Cette faiblesse a été expliquée pendant la conférence PacSec qui s'est déroulée à Tokyo les 12 et 13 novembre 2008.

TKIP ajoute par rapport à WEP une seconde couche d'intégrité au travers d'un Message Integrity Code (MIC), également appelé Michael, qui s'appuie sur un checksum qui est en plus chiffré. En effet, la faiblesse principale de WEP était la faiblesse de l'algorithme utilisé pour générer le checksum.

De plus, la technique d'attaque WEP basée sur la modification d'un paquet et le renvoi massif vers le point d'accès qui répondra systématiquement, avait bien été apprise par Michael qui, lui, place un délai de réponse afin de ralentir l'efficacité de ce type de technique. Ainsi, lors de la réception de deux paquets avec un mauvais checksum, Michael attend 60 secondes avant de demander la renégociation d'un nouvelle clé avec le point d'accès, remettant la tentative à zéro.

Mais cette nouvelle faiblesse découle de la manière dont a été architecturé WPA, à savoir en s'appuyant sur WEP plutôt que par une implémentation a partir de zéro. Ainsi, TKIP se met en place après le WEP et le code Michael est contenu dans le paquet WEP facilement décodable, ce qui débouche sur le succès de cette nouvelle technique.

Cette nouvelle technique ne nécessite de capturer qu'un seul paquet, d'y faire de modifications mineures afin que son checksum soit affecté, puis d'analyser la réponse du point d'accès lorsqu'il reçoit ce paquet. Elle est particulièrement efficace avec les paquets ARP car le contenu de ceux-ci est connu, hormis les deux octets de l'adresse IP. Les autres octets étant huit octets pour le code Michael et quatre pour le checksum ICV. Il suffit alors de déduire ces deux octets par l'envoi d'un paquet toutes les soixante secondes, ce qui prend au total entre douze et quinze minutes pour toutes les possibilités.

Mais il ne faut pas paranoier. Ici, le risque reste encore faible et la rémédiation simple. Il suffit en effet de forcer la renégociation des clés toutes les deux minutes pour que l'attaque ne dispose plus du temps matériel pour réussir.

Dans cet article, le sujet a été très simplifié. Les puristes de la technique pourront avoir le détail complet de la technique utilisée sur en lisant le document "Practical attacks against WEP and WPA", de Martin Beck, TU-Dresden, Germany et  Erik Tews, TU-Darmstadt, Germany - November 8, 2008.

18 novembre

Le site Internet de la BBC attaqué en déni de service (DDoS)

L'information date un petit peu mais elle reste intéressante : Le 6 novembre, le site web de la BBC a été la cible d'attaques en déni de service (DDoS) (ITPRO, BBC website hit by Denial of Service attack, 12 novembre 2008).
Les motivations de cette attaques sont pour le moment inconnues mais montrent encore une fois qu'il s'agit d'un risque devant être intégré dans la stratégie sécurité de services sur Internet.

J'en profite pour vous informer que le dernier rapport d'analyse d'Arbor Networks a été récemment publié, celui-ci est disponible ici: ArborNetworks, Worldwide Worldwide Infrastructure Security Report, November 2008
Il présente une vision globale des problématiques sécurité pour les opérateurs de réseaux et plateformes IP. Le déni de service (DDoS) est en plein boom et l'actualité de ces derniers mois est bien au coeur des préoccupations via des sujets comme DNS-Poisoning et BGP-Hijacking. Les attaques en déni de service ciblent de plus en plus les couches applicatives.

13 novembre

Clef USBs perdues et boites noires : En angleterre on ne fait pas dans la dentelle

Deux petites informations assez croustillantes :

Une clef USB avec des données sensibles qui se retrouve perdue dans la nature

Canoë - Techno Sciences - Une clé USB perdue sème la panique en Grande-Bretagne, 4 Nov 2008

Cette fois ce n'est pas un employé du gouvernement qui a fauté mais l'employé d'une société de services  informatique internationale intervenant en sous-traitance pour le compte du gouvernement. Cette société est d'ailleurs bien connue sur le territoire Français. Cela devrait provoquer chez certains des questions sur le niveau de confiance à donner à ses sous-traitants ou partenaires...

La solution ? Interdire les clefs USB pour raison de sécurité nationale. :-) Sérieusement, certains gouvernements ont adopté ce type de démarche...

Le gouvernement Anglais souhaite retrouver sa jeunesse d'antant et écouter à tout va les communications Internet

Telegraph.co.uk, Internet black boxes to record every email and website visit, 6 Nov 2008

Au moins, ils ne font pas dans le masqué : Il faut leur reconnaitre ça. Je vous laisse apprécier si ce genre de démarche fait du sens avec toutes les technologies de cryptage librement accessibles sur le Net...

28 octobre

Un américain devant les tribunaux pour attaque en déni de service

Les personnes participant ou organisant des attaques en Déni de service par inondation (DDoS) à l'encontre de sites Internet vont devoir se poser des questions ou revoir leur façon de procéder.

Certains d'entre-vous se rappelleront peut-être des attaques dont le site web de la scientologie a été victime en Janvier de cette année (ComputerWorld, Hackers hit Scientology with online attack, 25 Janvier 2008) . Depuis, c'était un peu le calme plat autour de cet événement...

Dmitriy Guzner, ressortissant américain âgé de 18 ans, est actuellement poursuivi pour avoir activement participé à cette attaque. Celui-ci plaide coupable des charges qui lui sont reprochées. Il risque une peine d'emprisonnement de 10 ans ainsi qu'une amende de 37.500 dollars.
Cette attaque serait le fait d'un petit nombre de personnes se faisant appeler sous le nom de "Anonymous" ("Les Anonymes"). Les articles de TheRegister.co.uk et de Vnunet.com rentrent plus dans les détails du dossier.

L'information est intéressante à deux titres :

  1. Les "méchants" (ou du moins certains d'entre-eux) doivent quelque part répondre de leur actes
  2. Les groupes d'activistes représentent une source de risque devant être prise en compte

16 octobre

La sécurité dans les PME : Interview de Philippe Vacher

Le niveau de prise en compte de la sécurité dans les entreprises est très disparate. D'un coté, nous retrouvons les grandes structures dont certaines sont à la pointe dans le domaine (Banques, Assurances, industries sensibles, ...) et de l'autre les petites structures comme les PME/PMI pour qui le sujet est très souvent éludé ou tout simplement méconnu.

Afin de mieux comprendre comment les petites entreprises approchent la sécurité de l'information et quelles sont leurs préoccupations, nous avons choisi d'interviewer Mr. Philippe VACHER d'Orange Business Services. Les experts des équipes de Philippe interviennent sur l'ensemble du territoire national et réalisent quotidiennement des audits pour des structures de type PME/PMI.

10 octobre

Le détournement de carte graphique : Craquage de mots de passe à grande vitesse

Un très grand nombre de systèmes de sécurité reposent sur le principe que le temps qu'il faut à un attaquant de deviner un secret est si grand qu'il est impraticable (de la dizaine d'année à plus).

C'est le cas des sommes de contrôle MD5, des clefs WPA et WPA2 du Wifi ou des mots de passe Windows : Mis à part les faiblesses de conception de certains protocoles (cf le WEP) des attaques basées sur les "tables arc-en-ciel" (rainbow tables) ont permises d'accélérer la découverte de ces sésames avec pour les plus complexes (et très obscures) méthodes des centres de renseignements/écoute étatiques. Si vous choisissiez des mots de passe et clefs très complexes, vous étiez a-peu-près protégé des attaques.

Un cap vient d'être franchi : Vous pouvez avoir à la maison, pour un coût modeste (environ 500€) un système de découverte des clefs WPA/WPA5, de hash codes MD5 ou de mots de passe Windows. Le truc fun ? C'est que cet investissement servira aussi à vos enfants : Il s'agit d'une des cartes video de dernière génération de Nvidia.

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9 octobre

2 européens incriminés par la justice pour des attaques en déni de service

L'anonymat est l'une des caractéristiques des attaques en déni de service (DDoS) : Il est souvent très complexe de remonter jusqu'au commanditaire d'une attaque. A la limite vous serez en mesure d'obtenir une liste de machines "zombies" ou alors si vous êtes chanceux (et très motivé) vous attraperez des "hommes de main".

Dans le cas présent, deux européens sont suspectés par un tribunal fédéral américain d'avoir aidé directement ou indirectement à lancer des attaques en déni de service à l'encontre de deux sites Internet de vente de matériel télévisuel.

Les dessous de l'affaire sont intéressants : Concurrence déloyale, développement de logiciel malicieux (bot) et conspiration.

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8 octobre

L'Estonie publie sa stratégie de défense Informatique

L'Estonie vient de publier sa stratégie de défense Informatique. Le document est disponible en téléchargement depuis le site du ministre de la défense Estonien : Estonian Cyber Security Strategy. Cela s'inscrit en continuité des événements du mois de Mai 2007 pendant lequel l'économie du pays a été durement impactée durant plusieurs jours par des attaques en déni de service (DDoS).

Il est intéressant de constater que l'Estonie a effectivement intégré de façon très claire les risques liés aux technologies de l'information dans un contexte global : Outre la volonté d'améliorer ses capacités et compétences internes, on peut espérer que cette démarche serve d'exemple ou du moins de catalyseur pour d'autres pays de la zone Europe.

Quels sont les principaux axes identifiés dans ce document ? Les propositions de l'Estonie sont-elles limitées au territoire national ou vont-elles plus loin ?

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6 octobre

La Sécurité périmétrique : une utopie ?

L’entreprise ne permet souvent pas à son personnel d’accéder à tous les ports et protocoles sur Internet. Il s’agit là d’une mesure préventive destinée à éviter la prolifération d’outils de téléchargement Peer to Peer, de messagerie instantanée, ou même permettant d’établir au travers d’Internet des tunnels qui pourraient engendrer un risque de piratage pour l’entreprise. Ce type de contrôle est-il suffisant avec les technologies actuelles ?

Flexibilité des outils

En y regardant d’un peu plus près, on constate que les outils de messagerie instantanée savent maintenant souvent fonctionner sur plusieurs ports utilisés par des services réseaux classiques (HTTP, HTTPS, NTP, DNS …). De plus, les outils de peer to peer n’ont pas de port assigné et sont centralisés dans des listes gérées dynamiquement permettant de connaître le port de chacun d’eux. Enfin, il existe des outils permettant la construction de tunnels SSL et se comportant exactement comme un navigateur sur un site HTTPS. Enfin, il existe sur Internet des relais HTTPS publics permettant de surfer n’importe où et ainsi passer outre un filtrage d’URL. Par conséquent, un contrôle périmétrique ne permettra que de bloquer les utilisateurs les plus inexpérimentés.

Comment faire ?

Pour palier à cette problématique, l’entreprise pourra assurer une meilleure maîtrise en se rapprochant de la station de travail. Par une gestion rigoureuse des adresses IP présentes et la restriction des droits des utilisateurs (même s’il reste assez trivial de reprendre les pleins pouvoirs sur une station de travail), il sera déjà moins aisé pour l’utilisateur de faire n’importe quoi.
Avec des outils de contrôle chargés de lister le contenu des machines puis de centraliser cette liste des applications présentes, complétés avec des capacités de détection qui alerteront des équipes pour qu’elles exigent le retrait de ce qui est inacceptable, l’entreprise réduira considérablement le risque tout en disposant en plus un inventaire logiciel et matériel de son parc.

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